Ma première collection de couteaux remonte au collège, elle était composée d'une dizaine de pièces achetées ou échangés à des potes de classe, dans les
boutiques souvenirs des colonies de vacances, ou sur des marchés...Hormis un grand couteau de chasse allemand et un "ranger's" américain, la qualité des autres était plutôt médiocre. Un
loisir curieux pour un môme qui n'a pas l'âge d'entrer dans une armurerie, mais fasciné par les belles lames en vitrine.
La vie à suivi son cours, un Bac et 2 tentatives de BTS plus tard, me voici dans la vie (très très) active des hôtels parisiens. Je continuais à dessiner des armes blanches en tout genre quand,
un beau jour, j'ai taper forge et coutellerie sur internet, alala quel bel outil ce web...La révélation : il existe encore des artisans forgerons, des couteliers, des ferronniers d'art, des
forums de discussions et même une presse spécialisée !!!! ....Certains artisans proposent même des stages, c'est parti !
Le virus...
Amateurs et pros ont ceci de commun : la passion, qui apparait plus ou moins tôt et qui ne cesse de croître. Certains étant issus du milieu coutelier ou ferronnier,
d'autres autodidactes ou disciples de grands maîtres après une reconversion.
Mais TOUS ou presque définiront leurs premiers pas en forge comme la contraction d'un virus. Me voici donc parti, à 25 ans, loin de ma banlieue vers Villefranche-du-périgord dans
l'antre de Georges Erdos pour un week-end d'initiation et la réalisation d'un couteau. La première étape est bien évidemment une barre d'acier, une forge, une enclume, et c'est en général à ce
moment que le virus frappe. Les cinq sens prennent de plein fouet l'odeur du souffre et du phosphore dégagé par le charbon, le goût de la poussière, le crépitement du charbon, la lumière du
feu, le mouvement du marteau ou le bruit de l'enclume...et le feu, le feu...
J'ai une boule dans la gorge et fort heureusement pour mon ego, Georges n'en verra rien....Le retour à la réalité parisienne fut brutal mais je n'étais que "porteur sain" du virus. Mon entourage
commence à trouver mes achats un peu bizarres, 2 enclumes, une portative avec ventilo, des marteaux, des pinces, des bouquins spécialisés, puis ma femme m'offre "C'est en forgeant...."
de R Strozini, et je récidive, cette fois pour 2 semaines chez Jean-luc Soubeyras.
Désormais le virus me dévore à petit feu, l'espoir de progresser, le manque de temps, l'espoir d'en vivre un jour, les obstacles, que dis-je les MURS liés à une reconversion dans l'artisanat
d'art....Et pourtant c'est décidé, " ch'rais forgeron!!!!!"
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
